Propriétaires avant 1789
Le terrier
10 août 1683
Quimperlé (Finistère, France) | 1678-1682 |AN P/ 1699
[p. 519 à p. 520]
[p. 519] Déclaration que Meslan Drégoir, Gléran Le Bourhis, demeurant au village de Quersaux [Kersaux], et Rolland Le Scanveguic du village de Quertanguy [Kertanguy], tous en la paroisse de Moëlan, fournissent au roi devant messieurs les commissaires de la réformation du domaine du roi et confection du papier terrier en la juridiction de Quimperlé, de la moitié du village de Quersaux en la paroisse de Moëlan, qui leur appartient en fonds et édifices, pour obéir aux ordonnances de messieurs les commissaires, duquel lieu la description suit :
Ledit village de Quersaux est possédé en entier par lesdits déclarants, [à] savoir la moitié à domaine congéable sous écuyer François de La Pierre, sieur des Salles, à cause de la seigneurie de Querlouarnec, pour lui payer sept minots de froment de rente, auquel ils ont fourni déclaration, qui en a aussi fourni au roi, et l’autre moitié leur appartient en fonds et édifices ; sous lequel village [il] y a, savoir sous logements, placîtres et issues, cinq journaux ; sous terres chaudes, vingt journaux et sous terres froides, vingt journaux, dont la moitié seulement du fonds appartient audits déclarants ; toutes lesquelles terres se joignant et donnant à l’orient sur terres du village de Quertanguy et de Quergolloet [Kergoulouet], au midi sur terres du village de Quermeur Bihan (Kermeur bihan], et du nord à terres du village de Querguinies [Kervignès]
[p. 520] Ladite moitié du fonds dudit village [est] échue, savoir audit Meslan Le Drégoir de la succession de François Le Drégoir, son père, décédé il y a soixante-dix ans, audit Scanveguic comme mari de Marie Souffais de la succession de dame Le Maout, sa mère, décédée il y a plus de quarante ans, audit Le Bourhis de la succession de Jan Le Bourhis, son père, décédé il y a soixante ans ; la moitié duquel village de Quersaux ils tiennent roturièrement et ligement du roi sous la juridiction de Quimperlé, à devoir de lods et rentes, suites de juridiction et moulins, et pour payer de chefrente sur le total dudit lieu à sa majesté cinq deniers monnaie, quatre écuellées de froment et huit écuellées d’avoine par an.
Laquelle présente déclaration lesdits Drégoir, Scanveguic et Bourhis, présents en personnes devant nous notaires royaux de la cour de Quimperlé, affirment véritable, et à tout ce que dessus affectent et hypothèquent, lesdits héritages, fruits et revenus d’iceux, et pour la présenter à messieurs les commissaires, en requérir acte pour être reçue et insérée dans le registre du papier terrier, rentier et réformation du domaine de Quimperlé, ils nomment à leur procureur général et spécial, maître [mot manquant], chez lequel ils font élection de domicile, et par ce qu’ils l’ont ainsi voulu nous à ce faire et tenir, les avons condamnés sous les signes de Louis Le Mauq, à requête dudit Drégoir et de Jan Geffroy, à requête dudit Le Bourhis, et de Charles Moutton, à la requête dudit Le Stanguiguic, affirmant de savoir signer ; fait et consenti audit Quimperlé, en l’étude Lohéac, le dixième jour d’août après midi mil six cent-quatre-vingt-trois. Ainsi signé : J Geffroy, L. Le Mauq, J. Auffret, notaire royal et J. Lohéac autre notaire royal.
Par sentence de messieurs les commissaires en date du 13 mai 1684, insérée au cinquième volume des sentences folio 233, la déclaration dudit Le Bourhis et consorts a été reçue à la charge de tenir et relever les choses y employées prochement et roturièrement du roi, à devoir de foi, hommage, lods, ventes et rachats quand le cas y échoit, et de suivre la cour et moulin du domaine aux fins de la coutume et de payer solidairement avec les autres propriétaires dudit village de Quersaux de chefrente au roi cinq deniers monnaie, quatre écuellées de froment et huit écuellées d’avoine, par eux annoncé, par chacun an au jour de Saint Michel, sauf les autres droits du surplus, grandement et impunissement s’il y échoit.