Propriétaires avant 1789
Impôts
Imposition du 20e
Evêché de Quimper
Paroisse de Moëlan
Subdélégation de Quimperlé
Article 1er
Je soussigné, noble homme Jean Louis de Roulleaux, sieur de Kerjégu, faisant tant pour moi que pour demoiselles Anne Josèphe et Françoise Marguerite de Roulleaux, mes sœurs, demeurant au manoir noble de Kerjégu en la paroisse de Moëlan, déclare pour satisfaire à l’édit du roi du mois de mai mil sept cent quarante et neuf et aux différentes ordonnances de monsieur l’intendant concernant le vingtième, que nous possédons en ladite paroisse le manoir de Kerjégu avec sa cour, crèches, écuries et jardin, dont nous jouissons par mains sans en rien affermer ; lequel manoir, métairie et terres en dépendant acquis par contrat du 31 janvier 1681 au rapport de Mouton.
Article 2
La métairie dudit manoir contenant sous terre chaude seize journaux, sous prés un journal et sous terre froide quatre journaux, affermée verbalement depuis nombre d’années et sans qu’il y ait jamais eu de ferme par écrit, à Mathieu [blanc] pour nous fournir la moitié de toutes les espèces de bleds qui se sèment, laquelle moitié de bleds, déduction faite de ce que je fournis pour la semence, peut produire par communes années,
Savoir
En froment huit minots
En seigle douze minots
En avoine huit minots
Et en bleds noirs six minots
Lesdits bleds tous mesure d’Hennebont
Et nous réservons les fruits dépendant de ladite métairie qui peuvent produite par commune année trente barriques de cidre que nous fabriquons pour l’ordinaire, valant trois livres, chacune sur la branche, non compris les frais, ci 90 livres.
Sur quoi il y aura à déduire primo la rente due à l’abbé et convent de l’abbaye de Saint-Maurice Carnoët, laquelle rente consiste en deux minots froment ricles, deux minots avoine comble, le tout mesure d’Hennebont, une poule et trois deniers ainsi qu’il le constate par la déclaration que j’ai fournie audit abbé et convent le vingt sept juin mil sept cent quarante-trois, au rapport de Dupais, notaire à Quimperlé y référée, contrôlée, le premier juillet suivant,
Secundo le vingtième à distraire pour le franc-fief et le quart pour réparation et du trentième pour le rachapt auquel tous les droits sont.
Article 3
Le moulin à vent de Kerjégu, avec son distroit et mouteaux, que je fais travailler par mains et dont le revenu annuel peut produire quarante-cinq livres.
Sur quoi il y aura à déduire primo, la rente féagère de vingt livres due sur icelui à monsieur du Vergier Kerhorlay, ci suivant quittance, sous signe privé du 13ème novembre 1748,20 livres,
Secundo le tiers pour réparation, attendu que c’est un vieux moulin et sujet à grandes réparations.
Article 4
Une portion de tenue par dehors située aux issues du village de Trélazec en ladite paroisse de Moëlan, sous nous tenue à titre de convenant à domaine congéable par Pierre et Joseph Meurdeau pour nous payer de rente foncière et convenancière un minot de froment mesure d’Hennebont.
Article 5
Plus il nous appartient une autre portion de tenue logée et hébergée située au village de Kerdianou, susdite paroisse, laquelle est verbalement affermée à Henry Nogues pour nous en payer par chacun an de ferme, la somme de vingt-quatre livres, [la]quelle acquise par contrat du 13 avril 1719, ci 24 livres.
Article 6
Plus déclare qu’il m’appartient privativement une maison à deux étages, couverte de paille, située près le havre de Brigneau, aux issues de laquelle maison il y a une petite salorge sur pilotis et de laquelle maison et salorge je jouis par main depuis que je les ai fait bâtir ; lesquelles j’estime produire de revenu annuel la somme de soixante livres, ci 60 livres
Sur quoi il y aura à déduire un quart pour la réparation qui est ci 15 livres.
Article 7
Il m’appartient de plus en privé une petite portion de tenue au village de Keryoualen izel en ladite paroisse de Moëlan, tenue à domaine congéable sous l’abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé ; laquelle j’ai verbalement affermée à Magdelaine Le Maoult pour m’en payer par an de ferme la somme de neuf livres, ci 9 livres.
Article 8
Et finalement une autre portion détenue au village de Kergotter en ladite paroisse de Moëlan que j’ai acquise de Louis Le Bloa pour la somme de six cent quinze livres, par contrat du 27 juillet 1749, à terme de réméré de cinq ans, au rapport de Le Cloyrec, notaire à Moëlan et laquelle portion détenue j’ai affermée audit le Bloa par le même contrat pour m’en payer de ferme la somme de trente livres, ci 30 livres.
Je certifie la présente déclaration véritable sous les peines portées par l’édit et offre [de] représenter
les titres au soutien des articles quatre, cinq, sept et huit, et de justifier de la rente due tant sur ledit manoir de Kerjégu et métairie en dépendant, que celle due sur le moulin à vent dudit lieu, employé à l’article trois de ma présente déclaration, et déclare n’avoir autre titre à représenter au soutien des autres articles par les raisons que j’ai allouées à chacun d’iceux et supplie monseigneur l’intendant de faire déduction en sus de celle ci-devant demandée d’un trentième dû à sa majesté pour rachapt, sur tous les biens ci-devant mentionnés, le cas advenant.
Fait à Kerjégu ce vingtième avril mille sept cent cinquante et un.
Revenus quart et charges du moulin déduite : 295 livres 13 sols 7 deniers
Rentes en graines à déduire, savoir :
2 minots froment ricle : 5 livres 18 sols 6 deniers
2 minots avoine : 2 livres 1 sol 4 deniers
1 poule : 5 sols
En argent : 3 deniers
Total : 8 livres 5 sols 1 denier
Reste net : 287 livres 8 sols 6 deniers
20ème : 14 livres 7 sols 6 deniers