Territoire
Bourg et villages
FANNY STELLE (« étoile de Fanny », près de Winnipeg, province du Manitoba, Canada) et KERFANY (Moëlan, Bretagne)
En cette fin de siècle, le clergé catholique du Manitoba veut contrer l’influence anglaise donc anglicane ; l’Amérique est toute proche ; des pionniers français sont déjà là mais ce n’est pas suffisant ; il faut faire venir des hommes de France ! Informé, l’abbé Rosenberg flaire la bonne affaire ; grâce à son entregent il va prospecter afin de convaincre des fils de « grandes familles », catholiques, aisés, de s’investir, en devenant propriétaires au Canada se rachetant moralement (pour certains) et financièrement (pour tous) ; les familles, intéressées, inciteront parfois et paieront ce qu’il faut afin de voir leur descendance suivre une route plus morale! Voici un exemple :
Achat d’une ferme au nom de la famille dont le rendement serait confié au tuteur (On devine qui) ………… 40 000 F maintenant : 5 000 F,
À mettre en banque pour être tirés selon les besoins du jeune homme la première année.
A mettre au nom du tuteur qui lui sera garanti comme propriété :…………………………………15 000 F
Le tout en récompense de ses services:………… 60 000 F
Le nom de Fanny stelle (étoile de Fanny), (42km de Winnipeg et 2000km de Montréal), a été donné par la comtesse d’Albufera, en souvenir de sa grande amie qui l’a toujours inspirée. Son buste, sculpté par la Duchesse d’Uzès est toujours, aujourd’hui, devant la chapelle de ce village.
Ce projet idyllique, compte tenu des réalités locales, n’aura pas un grand succès ! La situation économique de la région en 1890 n’est pas bonne ; certaines personnes vivent encore sous des tentes ; le climat est très rude avec des hivers à -25° ; la distance avec la France est grande et les transports, trains et bateaux, compliqués, avec au final 42 km à faire à pied ou en carriole. Pour venir là il fallait un esprit de pionnier ! Ce que n’a pas l’abbé qui, arrivé avec des volontaires inaugurer l’église du village, restera : 3 jours !! Le 21 septembre 1889, ce sera l’inauguration, avec Monseigneur Farreau évêque des Missions du Nord, basé à Saint Boniface ; on note la présence de « volontaires » : Le marquis de Bonneval, Pierre Berlioz, Henri de la Borderie, Félix de Caqueray, Pierre Gasperini, André Lafon, Pierre Rosenberg (un frère), Joseph le Verdroit et Louis Allart. Tout est à créer ! Ils logent tous chez l’habitant !
L’abbé repart vers la France le 24 septembre et rend compte à la Comtesse, enthousiasmée, de sa mission ; bien sûr en l’enjolivant ! Il ne reviendra jamais à Fanny stelle.
Dès 1890, les problèmes apparaissent ; un abbé chargé de la paroisse démissionne et menace d’expliquer aux familles quelle est la situation des jeunes colonisateurs. Dès 1898, découragés, beaucoup des nouveaux colons reviennent en France, définitivement ! En 1976, il restait 125 personnes et aujourd’hui, moins de 100 dont 50% parlent Français.
Fanny RIVES, 1840-1883