Territoire
Bourg et villages
FANNY STELLE (« étoile de Fanny », près de Winnipeg, province du Manitoba, Canada) et KERFANY (Moëlan, Bretagne)
Pourtant, en 1890, les relations entre l’abbé et la comtesse sont toujours « au beau fixe » ! Deux nouveaux projets se mettent en place. D’abord, la création en Bretagne, à Moëlan sur mer, sur une pointe rocheuse au-dessus d’une petite plage, près d’un lieu-dit nommé « Clec’h burtul », d’un bâtiment qui fera office de sanatorium car il est destiné à de jeunes parisiens (peut-être de la fondation de Rueil ?) afin qu’ils puissent y venir respirer l’air iodé d’Atlantique et ainsi, améliorer leur santé.
Kerfany les pins (29). Vers 1900, de bas en haut : l’ancien prieuré, le sanatorium et la maison « St Stanislas » ; à gauche la vigne.
L’abbé va superviser la construction du sanatorium puis il s’installe, commence à planter des pins, à créer un jardin et même, peut-être, à planter de la vigne. Il joue au « grand seigneur », visite la côte en bateau en posant beaucoup de questions sur les courants, les fonds…etc. Les habitants le prennent pour un espion. L’histoire locale dit qu’il avait aussi le projet de former des jeunes et plus tard, de les conduire en bateau au Canada ! A Fanny stelle peut-être?
Il fallait donner un nom à cet endroit! Encore une fois, Fanny Rives sera honorée ; ce sera « Kerfanny », puis « Kerfany », dont le nom s’étendra à toute la pointe et la plage. Là aussi, sera mis en évidence un buste de Fanny qui est aujourd’hui la propriété d’une descendante de Yves Marie Salin, un des principaux créanciers bretons trompés par l’abbé. Ce créancier achètera vers 1900 la propriété de Kerfanny.
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Le buste de Fanny RIVES (origine : KERFANY) |
et le buste de Fanny à FANNY STELLE (CANADA) ! |
C’est la même personne ! |
Nous sommes maintenant en 1892 ! C’est la création à Rueil du « couvent de la Lumière Eternelle », ou pensionnat, du nom de la fondation de la Comtesse ! A cette époque, Rueil est un bourg rural de 9600 personnes ; le domaine de Malmaison (de Joséphine de Bauharnais, première épouse de Napoléon Bonaparte), en très mauvais état, est aux mains de promoteurs. L’abbé Rosenberg va avec l’aval et l’argent de la comtesse d’Albufera acheter une partie des terres pour construire le pensionnat ; sur les feuilles du géomètres en 1891-92, on lit : Abbé Rosenberg et Madame la comtesse d’Albufera, 66 avenue Kléber, Paris. A la fin des travaux, en 1895, on lira aussi malheureusement : irrécupérable !! Il s’agit du paiement des travaux ! Car l’abbé ne paie toujours, au début, que le minimum légal, fait des promesses, trouve des excuses, laisse passer le temps et joue de ses nobles et influentes fréquentations pour faire patienter les créanciers.