Les Moëlanais
Histoire locale
Mon coeur se fend par cet horrible épouvante Quand me remonte le souvenir Du plus misérable malheur que vous pourriez entendre Lequel, hélas, est récemment survenu.
Dans le canton de Pont-Aven, entre Riec et Moëlan, Existe un passage "Porte-Neuve", long et large ; En cet endroit survint le malheur que je vais vous conter ; Ecoutez-tous Bretons, pleurez avec moi.
Le pardon de saint Léger se fêtait le 14 juillet, Où se rendait toute personne de chaque quartier. Un grand nombre de Moëlan, la joie au coeur, Accourrait en bande à la messe du pardon.
Rendu devant le passage, et sur le bateau, Sautaient dedans hommes et femmes ; De chaque bout, à l'intérieur, et sur les côtés aussi, Les pauvres gens étaient les uns sur les autres.
A la fin, tous criaient : nous sommes assez ; Au nom de Dieu, ne laissez personne monter à bord ; Nous sommes plus de cent, sans pouvoir bouger ; Conduisez-nous rapidemment afin de nous soulager.
Aussitôt que le bateau s'éloigna de Moëlan, |
Avec beaucoup de précausion et de peine, Il se retourna ... mais la mer en furie Passa par dessus bord sur les malheureux.
Epouvantés et égarés, ils se réfugièrent Comme des gens désespérés à l'autre bout ; Mais avec le poids et la déformation... Ô Dieu ! Coula le bateau aussitôt au fond de la mer.
Dieu miséricordieux ! Ô Père très aimant ! Regardez avec compassion les malheureux... Ils sont plus de cent au fond de la mer profonde. ô mon adorable Sauveur ! Pardon ! Pardon ! Pardon !
Venez... Accourez, Bretons, à l'endroit du malheur ; Contemplez avec quel courage et tant d'ardeur Cherche chacun à échapper à la mort ; Les malheureux sont dans un état si cruel.
Les marins sautaient dans leurs bateaux ; D'autres fouillaient la mer armés de perches ; |